Aller au contenu

Leadership éclairé

Partager sur:

Retour à
L’hydrogène en action

Hydrogen change de cap : des annonces aux engagements fermes

La citation (erronée) de Twain – “ les rumeurs de ma mort sont grandement exagérées ” – est peut-être un cliché éculé pour les nouveaux marchés et les nouvelles industries, mais dans le cas de l'hydrogène, le propos reste valable.

Cet article a été publié pour la première fois dans Vue H2

Par Peter Mackey, vice-président Stratégie et Gestion des activités, secteur d'activité Énergie Hydrogène, Air Liquide.

TLa citation (erronée) de Wain – “ les rumeurs de ma mort sont grandement exagérées ” – pourrait être une C'est un cliché éculé pour les nouveaux marchés et les nouvelles industries, mais dans le cas de l'hydrogène, cela reste vrai. Les commentateurs se sont empressés de mettre l'accent sur les projets reportés ou abandonnés, les faillites et les problèmes de coûts. 

Ces constats sont indéniables, surtout après l'optimisme suscité par le pic de 2021-2023 qui a motivé la première vague d'annonces. Mais ils ne reflètent pas toute la réalité. La réalité est plus nuancée et bien plus encourageante.

Des mers agitées aux eaux calmes

Le principal enseignement du rapport phare du Conseil de l'hydrogène Boussole mondiale de l'hydrogène 2025 Le rapport souligne l'accélération des projets hydrogène ayant franchi le cap de la décision finale d'investissement (FID) et entrant en exploitation. Au cours des douze derniers mois, le secteur a enregistré un nombre record de projets d'hydrogène propre ayant pris une décision finale d'investissement (FID).

Les investissements engagés dans l'hydrogène propre ont désormais dépassé 1 TP4 001,1 milliards de livres sterling répartis sur plus de 500 projets, soit une augmentation de 1 TP4 003,5 milliards de livres sterling rien que l'année dernière, maintenant ainsi le taux de croissance annuel de 501 TP3 000 milliards de livres sterling depuis 2020. Au total, cela permettra de mettre en service plus de 6 millions de tonnes par an (Mtpa) de capacité de production d'hydrogène renouvelable et à faible émission de carbone d'ici 2030, soutenue par 3,6 Mtpa d'engagements d'achat.

La première vague de projets matures est en cours de mise en service, avec une capacité d'environ 1 million de tonnes par an déjà opérationnelle. Les projets présentant des analyses de rentabilité solides progressent et franchissent le cap de la décision finale d'investissement (FID). Certes, les difficultés ont réduit le parc de centrales et plus de 50 projets ont été annulés. Mais ces obstacles ont surtout affecté les projets qui, de toute façon, ne disposaient probablement pas des analyses de rentabilité les plus solides, tandis que l'incertitude politique persistante a rendu la navigation dans ce contexte déjà complexe encore plus difficile.

Cette période de turbulences n'est pas sans précédent ; elle rappelle la consolidation observée lors de la crise de surproduction de panneaux solaires au début des années 2010. Cette correction du marché, bien que difficile, était une restructuration nécessaire qui a permis de forger une industrie plus résiliente. De la même manière, les projets hydrogène restants, ayant surmonté les premières difficultés, sont aujourd'hui plus solides et approchent d'une situation plus stable.

Le secteur entre dans une phase plus mature et pragmatique, avec une attention accrue portée aux segments présentant les modèles économiques et les orientations politiques les plus clairs. De nouveaux marchés clés émergent, portés par la dynamique en Chine et, peut-être contrairement aux idées reçues, en Amérique du Nord.

Leçons tirées des leaders mondiaux

Sur la carte du monde, la Chine, qui s'impose déjà comme un acteur majeur des énergies renouvelables, joue un rôle prépondérant dans la production d'hydrogène renouvelable. Elle est en tête des investissements mondiaux (1 433 milliards de dollars), dispose d'une capacité de production d'hydrogène renouvelable de 501 300 milliards de dollars et est leader dans le déploiement des véhicules à hydrogène, avec des milliers de camions et de bus déjà en circulation. C'est aujourd'hui la meilleure illustration de la complémentarité entre la mobilité à batterie et la mobilité à hydrogène.

L’Amérique du Nord demeure un pôle majeur d’investissement malgré les pressions géopolitiques et les fluctuations du marché. Elle concentre le deuxième plus important volume d’investissements engagés (1 423 milliards de dollars) et abrite une capacité de production mondiale d’hydrogène bas carbone prévue de 851 300 milliards de dollars.

Parallèlement, l'Europe continue de faire figure de pionnière en matière de réglementation et de planification des infrastructures. Elle doit toutefois veiller à ce que cette ambition se traduise par des projets concrets. Bien que la région représente près des deux tiers de la demande mondiale prévue pour 2030, elle ne représente aujourd'hui que moins de 201 030 milliards de dollars d'investissements engagés.

Libérer la demande : tracer la prochaine étape du voyage

Ainsi, contrairement à l'opinion générale exprimée dans le débat public, il semble que le secteur reste sur la bonne voie : plus pragmatique, plus axé sur les affaires et plus ciblé.

Cependant, sans soutien politique pour stabiliser la situation, les progrès risquent de stagner. La sécurité d'approvisionnement est essentielle à tous les projets d'hydrogène renouvelable et bas carbone. Une capacité de production supplémentaire de 3 à 8 millions de tonnes par an pourrait être mobilisée d'ici 2030 si les incertitudes politiques étaient levées dans les prochains mois. Les grandes lignes de la politique sont définies, mais en Europe, sa transposition dans la réglementation nationale reste très limitée et la fenêtre d'opportunité pour débloquer davantage d'investissements est étroite. Seule une politique cohérente et crédible permettra de concrétiser la prochaine vague de projets. Des définitions claires, une certification rigoureuse et des mesures prévisibles concernant la demande sont indispensables pour réduire les risques et permettre à la filière hydrogène de se développer à grande échelle.

En cas de succès, une demande supplémentaire d'hydrogène propre d'environ 8 millions de tonnes par an pourrait se concrétiser dans l'UE, aux États-Unis, au Japon et en Corée d'ici 2030, sous réserve de la pleine application des politiques existantes. La clarification progressive de politiques telles que la troisième directive sur les énergies renouvelables en Europe, les contrats de différence au Japon et la norme de production d'hydrogène propre en Corée contribuera à générer des signaux précoces de la demande, mais la viabilité économique globale reste tributaire d'une situation stable et d'une orientation claire de la part des décideurs politiques.

L'hydrogène s'impose comme la pierre angulaire d'un système énergétique diversifié.

Malgré les défis évidents, le rôle crucial de l'hydrogène dans un système énergétique plus résilient se dessine.  Outre son rôle évident dans la décarbonation, l'hydrogène répond également aux enjeux de sécurité énergétique et contribue à gérer la demande croissante en énergies renouvelables. En permettant le stockage et le transport de ces énergies sur de longues distances et dans le temps, l'hydrogène renforce la résilience de l'ensemble du système énergétique.

L'hydrogène est là pour durer. Le secteur arrive à maturité et l'accent est désormais mis sur la mise en œuvre plutôt que sur l'annonce. La mise en service de la première vague de projets marque des progrès concrets. Cependant, il reste encore beaucoup à faire et la trajectoire suivie au cours des 12 à 18 prochains mois déterminera si nous restons sur la bonne voie.

Le choix est clair : avec les cadres réglementaires adéquats, le monde pourrait voir arriver sur le marché, d’ici 2030, 3 à 8 millions de tonnes d’hydrogène supplémentaires par an, en plus des capacités actuelles, pour une capacité totale d’hydrogène propre de 9 à 14 millions de tonnes par an (même en tenant compte des éventuels retards de projets). L’hésitation, cependant, risque de paralyser le secteur, de ralentir la croissance et de nuire à la compétitivité dans des secteurs clés.

Pour les décideurs politiques, l'industrie et les investisseurs, le message est clair : les coques sont construites et les voiles sont hissées. Il ne reste plus qu'à lever l'ancre et à prendre le large. La question finale n'est pas d'ordre technologique, mais de volonté : aurons-nous le courage de larguer les amarres, ou l'inaction laissera-t-elle ce secteur vital à quai ?

Nouvelles connexes

Découvrez comment l'hydrogène dynamise l'avenir

Découvrez les dernières mises à jour de l’Hydrogen Council

fr_FRFrench